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Cultures fourragères et surfaces toujours en herbe (STH)

Prairies : une campagne abondante, mais de qualité décevante

(mise à jour au 20 décembre 2018)


Part de la pousse cumulée au 20 octobre, en % de la pousse de référence à la même période

L’indicateur de rendement des prairies permanentes ISOP, à une date donnée, est égal au rapport entre la pousse cumulée à cette date depuis le début de l’année et la pousse cumulée à la même date calculée sur la période de référence 1982-2009.


Une pousse correcte mais une sur-maturité qui dégrade la qualité

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les volumes fourragers sont fortement supérieurs à la campagne 2017 mais la qualité des fourrages est moyenne en raison d’une sur-maturité.
Au cours de l’été, de nombreux orages favorisent la pousse d’herbe de la 2e coupe dont la qualité est meilleure que les autres coupes. En septembre, la douceur des températures et l’absence de pluie est problématique pour la 3e coupe des secteurs de plaine, tandis que les fourrages alpins connaissent de meilleures conditions. Dès la mi-octobre, on observe une amélioration de la pousse d’herbe.

Une seconde coupe volumineuse et de qualité

Dans les Hautes-Alpes, les prairies temporaires et permanentes sont très productives en 2018 par rapport à la campagne 2017.
Le printemps est très pluvieux et l’été connaît de nombreux orages. La météo favorise donc la pousse fourragère. La seconde coupe, réalisée en milieu d’été, est correcte. Elle est fortement supérieure à l’an dernier mais inférieure de l’ordre de 10 %, toutes prairies confondues, à la référence été / automne.
Au niveau qualitatif, si la 1re coupe est dans l’ensemble correcte, la 2e (août à fin septembre) présente un bien meilleur niveau.
Sur l’ensemble de la campagne (printemps, été et automne), les volumes fourragers sont supérieurs de l’ordre de 10 % à la référence. Après la sécheresse exceptionnelle de 2017, les volumes renouent ainsi avec de bons rendements.

L’humidité estivale perturbe le séchage

Dans les Alpes-Maritimes, les rendements sont nettement supérieurs à l’an passé. Par rapport à la référence été / automne, le gain est compris entre 4 et 11 % selon le type de prairie.
Au cours de l’été, la météo favorise la pousse fourragère. En revanche, la qualité de celle-ci, notamment pour la 2e coupe, n’est pas au rendez-vous. En effet, le fort taux d’humidité engendré par les différents épisodes orageux et les brouillards fréquents, ne permet pas un séchage optimal des fourrages. La météo du mois de septembre est exceptionnelle par la suite, ce qui contribue à obtenir une meilleure qualité des fourrages pour la 3e coupe.

Moindres rendements et déclassements

Dans les Bouches-du-Rhône, les rendements des 2e et 3e coupes sont inférieurs d’environ 25 % à la moyenne et de nombreux déclassement de l’AOP Foin de Crau sont observés pour des raisons de qualité insuffisante. Les prix de vente sont tendus et ne devraient pas compenser les pertes.
Le retard végétatif de 4 à 5 semaines, lors de la 1re coupe a contraint à réduire l’intervalle entre les coupes suivantes, et donc réduit les rendements des 2e et 3e coupes. En outre, certains producteurs n’ont pas pu faire de 3e coupe.
Sur le plan qualitatif, après la forte pluviométrie du printemps, la canicule du mois d’août est survenue, engendrant son lot de complications : problèmes d’irrigation, concurrence fourrages-adventices… Malgré de bons rendements lors de la coupe de printemps, la qualité des fourrages est majoritairement mauvaise :
- 1re coupe : 20 % récolté en mai avec une qualité moyenne à mauvaise (foin mouillé) et 80 % récolté en juin (foin déclassé de l’AOP car trop mâture). Quantité normale (environ 4 t/ha)
- 2e coupe : assez bonne qualité mais rendement inférieur à la moyenne de 25 %.
- 3e coupe : 25 % de bonne qualité et 75 % de mauvaise qualité et rendement inférieur
de 25 % de la moyenne.

L’ensemble de la campagne 2018 est caractérisé comme mauvaise notamment pour l’AOP Foin de Crau. Des demandes de reconnaissance en calamité agricole sont sollicitées dans les Bouches-du-Rhône.

Le pâturage tardif préserve les quantités de foin pour l’hiver

Dans le Var, la météo estivale est plutôt favorable à la pousse d’herbe. Les nombreuses précipitations d’octobre et de novembre compensent la pousse fourragère, bien que le vent et la douceur des températures de septembre engendrent un effet de sécheresse.
Si la pousse est bonne, les conditions de récolte sont assez difficiles (terrains humides et peu praticables pour les engins), réduisant par conséquent les quantités produites en foin. Les coupes s’étendent sur tout l’été. La météo d’automne permet de prolonger le pâturage, ce qui est plutôt positif au regard des volumes disponibles notamment en STH peu productive.

Dans le Vaucluse, les volumes fourragers sont meilleurs que la campagne fourragère de 2017. Dans la zone Ouest, secteur irrigué en plaine aux abords de la vallée du Rhône, les rendements sont supérieurs à la référence. Dans la zone Est (plateau d’Albion, Monts de Vaucluse, Luberon...), les rendements avoisinent la référence. La pluviométrie estivale est favorable à la 2e coupe pour ce qui est des volumes, avec cependant un peu de sur-maturité.
La météo de septembre (douceur, vent et absence de pluies) produit un effet de sécheresse sur la 3e coupe mais la pousse fourragère est ensuite favorisée par les conditions pluvieuses d’octobre. Cela semble donc impacter davantage la qualité que le volume des fourrages. Cependant, on observe un manque de fourrage dans le sud Luberon, engendrant la consommation des stocks.
Enfin, au retour des estives, les conditions météo et les volumes fourragers disponibles sur les prairies permettent de prolonger le pâturage.


Toutes les infos sur :
Le suivi de la conjoncture prairie sur le site du ministère




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