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Grandes cultures 2019

Grandes cultures : une petite production marquée par un enchaînement d’aléas climatiques

(mise à jour au 1er octobre 2019)

La campagne 2018/2019 de grandes cultures cumule les difficultés météorologiques. Elles commencent dès la fin de l’année 2018, très humide, aux pluies incessantes et abondantes, perturbant les semis d’automne. De nombreux emblavements sont donc repoussés en janvier, en semis tardifs, moins productifs.
Ensuite, une longue période de sécheresse, entre janvier et mars (8 jours de pluie sur 100 jours) entraîne une pousse lente et irrégulière des semis de janvier et ne permet pas une bonne valorisation de l’azote.
Entre avril et juin, le retour d’une météo clémente permet une bonne croissance et un bon remplissage des grains avant que la campagne se termine par un épisode de canicule fin juin. Cet épisode n’a cependant pas d’impact sur les céréales, arrivant après la moisson des orges et sur des grains de blé remplis.

Les surfaces régionales en blé tendre augmentent de 22 % pour s’établir à un peu moins de 9 000 ha. La hausse est particulièrement rapide dans les Bouches-du-Rhône avec +51 % soit +1 600 ha. Le rendement moyen régional est estimé à 35 quintaux par hectare (qx/ha), en hausse de 7 % par rapport à la campagne précédente, mais en recul de 5 % par rapport à la moyenne quinquennale. Certains secteurs, comme la Camargue, ont souffert du manque d’eau. Dans le secteur alpin, la campagne s’est bien déroulée avec des rendements moyens en hausse dans les Alpes-de-Haute-Provence (35 qx/ha) et dans les Hautes-Alpes (43 qx/ha).

La situation en blé dur est en revanche plus difficile avec une baisse des prix des contrats. La sole régionale chute à 20 600 ha soit une perte de 39 % des surfaces. Dans les Bouches-du-Rhône, la chute atteint 42 % pour une sole de 9 200 ha. Le rendement régional est en hausse pour atteindre 34 qx/ha. La hausse du rendement régional ne compense pas le recul des surfaces. La production est estimée à 706 000 quintaux, en baisse de 50 % au regard des références quinquennales.
En revanche, la qualité du blé dur est excellente cette année. Les blés du bassin de production Sud-Est présentent un poids spécifique très élevé, de l’ordre de 80 kg/hl et une teneur en protéine de 14% de matière sèche en moyenne.
Le contexte conjoncturel difficile du blé dur incite les agriculteurs à trouver des alternatives économiques. De nombreux producteurs se tournent vers l’orge. Dans le département des Bouches-du-Rhône, la sole d’orge atteint 1 800 ha (+40 %). La sole d’orge régionale est ainsi en hausse de 16 % pour s’établir à 11 700 ha. L’orge est la culture qui a le moins souffert du contexte météorologique de cette campagne, en raison de son cycle végétatif plus précoce que le blé. La moisson s’est faite avant les fortes températures. Le rendement moyen atteint 43 qx/ha, soit une augmentation de 13 % par rapport aux références sur 5 ans.

Les emblavements en riz sont en hausse de 19 % pour atteindre 11 200 ha. La levée en riz a été compliquée avec une alternance de températures chaudes et froides. Les moissons devraient débuter dans les jours à venir.

La sole régionale en céréales baisse de 10 %, atteignant 63 000 ha. Le rendement régional moyen, toutes céréales confondues, augmente quant à lui de 7 % pour s’établir à 42,3 qx/ha. Ce rendement est stable par rapport à la référence quinquennale.

La culture du colza est toujours dans une situation difficile. Si les surfaces ne baissent pas cette année, avec 1 300 ha d’intention de semis, beaucoup de surfaces n’ont pas été semées voire retournées en raison des mauvaises conditions d’implantation. À la fin du printemps, les colzas ont eu très chaud, les siliques ne se sont pas développées correctement, comportant beaucoup de petits grains.
Le rendement régional est en baisse de 9 % (19,7 qx/ha). Seul le département des Alpes-de-Hautes-Provence qui représente presque la moitié de la superficie régionale (660 ha), tire son épingle du jeu avec des rendements en hausse de 3,6 %. Les autres départements ont des rendements en fortes baisses : -20 % dans les Hautes-Alpes, -27 % dans les Bouches-du-Rhône ,-33 % dans le Var et -19 % dans le Vaucluse.

Les oléagineux ont une superficie en hausse de 13,5 % (10 646 ha) et un rendement moyen de 19,1 qx/ha, en retrait de 5,4 % par rapport à la campagne précédente et de 4 % comparé à la moyenne quinquennale. Les cultures du tournesol et du soja ont des surfaces en progression, respectivement de 10 % (8 400 ha) et 13 % (673 ha). Ces données seront mises à jours après la fin des récoltes d’automne.

Les protéagineux ont un superficie de 800 ha, soit 18% de moins qu’à la campagne précédente. Les rendements sont supérieurs de 2 %, s’établissant à 20,3 qx/ha.