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La filière Fruits et Légumes

La production de fruits et légumes est une caractéristique majeure de l’agriculture de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Elle concerne en 2007 :
- pour les fruits, 2 340 exploitations sur 23 130 ha de vergers auxquels s’ajoutent 4 142 ha de raisin de table en production.
- pour les légumes, 3 375 exploitations sur 11 044 ha ;
La production fruitière représente 28 % de la valeur de la production agricole régionale, celle de légumes 20 %.
La production fruitière se répartit essentiellement sur les Bouches du Rhône (42 %), le Vaucluse (36 %) et les deux départements alpins (21 %, centrés sur la vallée de la Durance)
Cinq espèces se partagent ces surfaces dans les proportions suivantes :

  •  pommiers : 45 %
  •  cerisiers : 15 %
  •  pêchers : 15 %
  •  poiriers : 13 %
  •  abricotiers : 11 %

Pruniers, agrumes sur le littoral et noyers dans les Hautes Alpes constituent le solde.
Pommiers et poiriers constituent le verger alpin avec des variétés traditionnelles mais bien valorisées comme la Golden. Les poires d’automne et d’hiver (Passecrassane) périclitent sans renouvellement notable.
Bouches du Rhône et Vaucluse se répartissent les différentes espèces selon le schéma suivant :
Bouches du Rhône : pommiers et poiriers dans le Comtat, pêchers à l’ouest de l’étang de Berre en Crau et abricotiers à l’ouest et au nord-ouest
Vaucluse : pommiers et poiriers dans le Comtat , cerisiers et abricotiers sur les zones de coteaux et de piedmonts à l’est du département. S’y ajoute une production importante de raisin de table (60 % de la production nationale) à base de Muscat de Hambourg, d’Alphonse Lavallée et de Danlas.

L’évolution des surfaces est en baisse de 5 000 ha depuis 2002, avec un recul plus marqué pour les pommiers, les poiriers et les pêchers (respectivement 2 200 ha, 1 100 ha et 900 ha). Les surfaces plantées d’abricotiers en hausse de 10 % de 1997 à 2002, se sont globalement stabilisées à l’inverse de celles plantées en cerisiers qui fléchissent de 11 % de 2002 à 2007.

Ces évolutions d’origine sanitaire et (ou) économique, s’accompagnent d’adaptations variétales(élargissement des gammes variétales),et techniques (calendriers de récoltes plus tardives pour pallier la concurrence de la production étrangère ou interrégionale, nouvelles techniques de production visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires).
L’essentiel de la production est commercialisée en frais par l’intermédiaire de coopératives et de SICA ou via les commissionnaires-expéditeurs. Les contrats avec les centrales d’achats sont encore limités sauf pour la pêche. Les circuits courts de proximité tendent à se développer (marchés, carreaux de producteurs sur les Min, paniers style AMAP…) en réponse à de nouveaux modes de consommation émergents.

La production légumière en PACA se caractérise par la grande diversité des produits et des modes de production. Elle est concentrée dans les Bouches du Rhône (54 % des exploitations légumières), le Vaucluse (32 %) et le Var (13 %).

La baisse des surfaces légumières est due à la disparition progressive des surfaces en maraichage . Globalement les surfaces en serres se maintiennent par la généralisation des couvertures plastiques et le remplacement partiel des serres par des ouvrages de haute technicité. Les surfaces de plein champ (poireaux, carottes …) sont stables.
Les principales cultures sont la tomate, les salades, les melons et les produits de la ratatouille . Vient ensuite une palette de produits très diversifiés : épinards, pommes de terre primeur, artichauts, choux-fleurs, plantes aromatiques vendues en vert (persil, basilic etc..), certaines exploitations se spécialisant sur une seule production.

Cette activité emploie 7 800 équivalents temps plein (ETP) dont près de la moitié assurée par des saisonniers.

A cette diversité de produits correspondent de fortes disparités dans les modes de commercialisation : les Bouches du Rhône fournissent davantage les marchés de gros et les centrales d’achats, le Vaucluse a plutôt recours aux expéditeurs. La production pour la transformation (4e gamme) sous contrat est moindre que dans les autres régions productrices. Les circuits courts (marchés de proximité, vente directe) sont actifs dans les zones touristiques du littoral (Var , Alpes maritimes). Comme pour les fruits, ces modes de commercialisation retrouvent une certaine vitalité à travers de nouvelles formules (AMAP).

Suite à la réforme de l’OCM fruits et légumes en 2008, l’organisation économique des producteurs connaît d’importants remaniements : l’approche par bassin de production fait place au regroupement des OP( organisations de producteurs) par filière-produits. Les ajustements en cours restent difficiles pour les exploitations multi-produits. Par ailleurs, les crises intervenues ces deux dernières années fragilisent sérieusement cette filière.

Le développement de méthodes de production respectueuses de l’environnement , notamment en matière de réduction de produits phytosanitaires s’appuie sur un réseau de stations d’expérimentation spécialisées (2 en arboriculture, 2 en cultures légumières dont 1 en agriculture biologique), ancrées sur le territoire régional.