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La filière élevage

Si sa valeur ajoutée reste minoritaire face aux autres productions agricoles à l’échelle de la région, l’élevage contribue, plus que dans toute autre région française, à l’entretien et à la valorisation d’espaces écologiquement sensibles.
C’est une production de première importance dans les communes de montagne des Alpes de Haute Provence (04) et des Hautes Alpes (05) en premier lieu (2ème place en valeur après les fruits dans ces 2 départements) et dans le département des Alpes Maritime dans une moindre mesure (5ème place des productions agricoles). Les systèmes d’élevage, plutôt extensifs, sont souvent spécialisés avec une composante pastorale à fort impact territorial où la transhumance est très présente.

Avec près de 2 000 éleveurs et 600 000 brebis, PACA est la 3ème région française de production ovine. Les deux départements alpins (04 et 05) regroupent près de 60% de l’effectif régional. En haute et moyenne montagne, l’élevage ovin est la production majoritaire et constitue souvent la dernière activité agricole de nombreux villages. Dans la zone des Préalpes et de la Haute-Provence, socle de la production régionale, l’élevage est associé à des productions très diversifiées et les troupeaux sont de taille moyenne (300 à 600 brebis). Enfin dans la vallée du Rhône et le littoral méditerranéen l’élevage ovin est concentré dans la Crau et le Comtat, et pratique la transhumance estivale vers le massif alpin. Les troupeaux sont importants (500 à 2000 brebis). Le département des Bouches du Rhône représente ainsi plus de 20% de l’effectif régional. Mérinos d’Arles, Mourérous et Préalpes du Sud sont les trois races rustiques, bien adaptées au terrain et au climat d’une région qui pratique encore massivement la grande transhumance estivale vers les alpages (500 000 brebis transhument chaque année). 36 % des éleveurs et 46% des brebis appartiennent à une OP. La production est à 80% d’agneaux de boucherie

On compte 60 000 bovins en région. Le cheptel allaitant est en augmentation constante ces dernières années au détriment des races laitières. Il est conduit chaque année à l’estive sur les prairies d’alpages. 50% de la production régionale est exportée en maigre vers Italie sous forme de broutards. Autour du delta du Rhône, est maintenu l’élevage de taureaux de Camargue, bêtes sauvages pour les spectacles taurins, mais qui sont également reconnues pour la spécificité de leur viande AOC.

Près de 200 000 porcs charcutiers sont produits annuellement par 333 exploitations dont 126 sont spécialisées. Cette production, à 80% organisée, est de type familial, et se localise plutôt dans les Bouches du Rhône et la zone alpine. Elle valorise des céréales produites localement (40% des exploitations). La production est largement valorisée sous l’appellation Montagne.

La production laitière bovine représente 25 millions de litres de lait en 2009 (référence de 35 M) pour un cheptel de 7500 vaches réparties dans 272 exploitations (59 pratiquent exclusivement la vente directe et 26 la vente directe et la livraison). 78% de la production se situe dans les Hautes Alpes et 7% dans les Alpes de Haute Provence. 36% du lait collecté est transformé localement (3 M collecté et transformés par 3 fromageries et parmi les 22 M collectés par Lactalis et Sodial, 4 M sont revendus à 6 fromageries locales et 2 M sont transformé à Gap par l’entreprise de Sodial).

Les 320 exploitations caprines de la région sont de taille modeste avec 50 chèvres en moyenne. Leur spécialisation fromagère fermière et leur organisation autour de la vente directe ou des circuits courts sont les garanties d’une très bonne valorisation du lait, d’autant plus pour les producteurs de l’AOC Banon.