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Melon - année 2019

Bilan : Encore une campagne difficile, perturbée par la météo

(mise à jour au 1er décembre 2019)

Le melon régional, habituellement plus précoce que ses concurrents nationaux, n’a pas pu tirer parti de cet avantage de calendrier : il est arrivé sur les étals en même temps que celui des autres régions, elles-mêmes en avance. À nouveau cette année, les conditions météorologiques ont fortement pénalisé le marché du melon. Le cours moyen 2019 n’est pas meilleur que la moyenne quinquennale, elle-même relativement basse après plusieurs années difficiles.

La campagne melon démarre le 12 juin avec deux semaines de retard par rapport à la campagne de 2018. Les mauvaises conditions météorologiques du printemps ont entraîné des pertes de rendement et ralenti le mûrissement. Le commerce est compliqué avec une consommation qui tarde à se positionner sur le produit en raison de la fraîcheur des températures. Les volumes sont limités et les centrales d’achat ne trouvent pas les quantités nécessaires pour ouvrir les lignes. Elles restent alors axées sur le produit espagnol. Les petits calibres 15 et 18, majoritaires, sont invendables et les opérateurs manquent de calibre 12, cœur de gamme.

Dans la dernière semaine du mois de juin, la situation s’inverse : l’arrivée du très beau temps dynamise les ventes. Cependant, les volumes ne sont pas suffisants et les plantes qui ont souffert du printemps froid et pluvieux n’ont pratiquement pas de fruits. L’offre est déficitaire, le melon manque et les opérateurs peinent à honorer leurs commandes. Les engagements négociés sur des prix bas absorbent la majorité des volumes. Dans les autres circuits commerciaux les cours remontent logiquement. Les opérateurs parlent d’un début de campagne « historiquement bas » en termes de quantités : les volumes sont inférieurs de 50 % à ceux de 2018.

Alors que les premiers jours du mois de juillet voient encore une offre limitée face à une demande bien présente, la situation s’inverse totalement : les volumes arrivent à maturité dans l’ensemble des régions productrices et se télescopent. Ainsi, mi-juillet, la production nationale quotidienne dépasse largement (d’environ 40%) les besoins de la consommation, avec des sorties de magasins qui ne suffisent pas à absorber le disponible. Ce profond déséquilibre entre l’ offre et la demande, amplifié par le melon espagnol toujours présent sur les étals, entraîne des reports de stocks conséquents dans les stations d’expédition. Les cours chutent de près de 50 % en quelques jours et le melon subit une crise conjoncturelle constatée par FranceAgrimer du 18/07/2019 au 24/07/2019 (5 jours de crise).

A partir de là, les cours demeurent inférieurs à la moyenne quinquennale, frôlant parfois le seuil de crise conjoncturelle sans le franchir. Le redressement des courts, de courte durée, correspond davantage à un assainissement du marché après destruction des stocks, qu’à une réelle reprise d’activité.
La demande demeure ensuite insuffisante et la consommation ne se porte pas sur le melon, bien que l’offre amorce un repli après le pic atteint mi-août. Le consommateur se détourne du melon au profit des autres fruits et légumes de saison et certains opérateurs arrêtent prématurément la commercialisation. Les cotations de la région Sud-Est s’achèvent dans ce contexte le 7 septembre.

La production régionale est estimée à 42 000 tonnes, en hausse de 6 % par rapport à la campagne 2018. Le rendement moyen est inférieur de 8 % à la moyenne quinquennale.
Les cours moyens 2019, tous calibres confondus, sont comparables à la moyenne quinquennale, elle-même relativement basse après une succession d’années décevantes. Le même télescopage de calendrier avait déjà pénalisé les prix en 2015, 2017 et 2018.

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