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Pomme - saison 2019-2020

Pomme : Reprise de la demande en fin de mois

(mise à jour au 1er avril 2020)

En mars, la baisse régulière des volumes en stock annonce les prémices de la fin de campagne. Les mesures de protection et de confinement des populations perturbent l’activité. Les difficultés logistiques, notamment la pénurie de camions et la hausse du coût du transport, participent à une baisse des approvisionnements en rayon. Les centrales d’achats s’approvisionnent sur les marchés de gros en plus du circuit habituel des stations d’expédition.
Dans ce contexte, la priorité est d’assurer la consommation intérieure et, de ce fait, les départs à l’export s’en trouvent diminués. Dans cette période exceptionnelle de crise sanitaire, les consommateurs privilégient les conditionnements en sachets et barquettes filmées. Ainsi, à l’approche de la fin de la campagne avec la baisse régulière des volumes en stock et le retour de la consommation dans la dernière semaine du mois, les prix s’élèvent logiquement.
Les cours sont supérieurs de 18 % à la moyenne quinquennale en Gala et Golden, et supérieurs de 15 % en Granny.

Les stocks de pommes disponibles fin février étaient inférieurs de 11 % à ceux de l’an passé à pareille époque. Les diverses opérations engagées par les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) sur les calibres inférieurs ont favorisé particulièrement l’écoulement de la Golden.

En février, l’activité ralentit à nouveau. La forte part de petits calibres freine toujours les ventes et entraîne des réajustements de prix à la baisse afin de favoriser l’écoulement, en particulier en Golden. Les congés scolaires, les températures douces et la concurrence des autres fruits de saison ralentissent l’activité sur le marché français. La demande reste limitée aux actions promotionnelles en grande distribution. Sur le marché intérieur, seules les variétés clubs, particulièrement la Pink Lady, bénéficient d’une bonne fluidité des ventes grâce aux mises en avant liées à la Saint-Valentin.
À l’export, l’activité est également réduite sur l’ensemble des débouchés. La vive concurrence italienne et le manque de gros calibres freinent les ventes de Golden. Le petit courant de demande concerne la Granny.

À destination du grand export, les échanges sont fortement perturbés par la persistance des mouvements sociaux (blocage des ports) qui entraîne des retards de livraison. Dans ce contexte, la demande est prudente au regard de l’aspect qualitatif des fruits avec des conséquences financières pour les expéditeurs. L’entrée en production de l’Hémisphère Sud à la mi-février contribue également à ralentir le commerce régional.

Les cours subissent peu de changement pour cette période. Seuls les lots de qualité et les gros calibres bénéficient de prix fermes en comparaison des mois précédents. Les niveaux des cours demeurent supérieurs à la moyenne quinquennale (+ 9 %) pour l’ensemble des variétés.

En janvier, les ventes sont satisfaisantes, bien qu’inférieures aux précédentes campagnes. Des fragilités de conservation génèrent du tri et une part importante des Pink est dirigée vers l’industrie ou en catégorie II. Les Pink ont en effet subi les pluies lors de la récolte et des attaques de mouche. Pour compléter l’offre insuffisante en 1er choix, la Juliet (variété club bio) qualifiée de plus résistante prend le relais et dynamise la demande.

En direction de l’Europe, l’activité reste limitée. Vers le grand export, l’activité est toujours régulière mais la persistance des mouvements sociaux, avec parfois des blocages de ports, rend les transactions plus difficiles. Pour pallier, certains bateaux sont réorientés vers Barcelone ou Gênes, entraînant des surcoûts et des retards de livraison, altérant parfois la qualité. En outre, la tempête Gloria qui a sévi sur le territoire espagnol et le port de Barcelone amplifie les retards de livraison.

Les cours progressent légèrement en début de mois, avec l’ouverture des chambres frigorifiques sous atmosphère contrôlée. Ils restent ensuite stables. La prédominance de petits calibres, qui pèsent sur le marché, empêche de mieux valoriser les calibres supérieurs, notamment en Golden et Gala. En Granny cependant, la faiblesse de l’offre permet de maintenir des cours fermes.

En décembre, l’activité est calme sur le marché de la pomme. Comme habituellement en cette période, les besoins sont plus faibles et la demande privilégie les produits festifs comme les agrumes et fruits secs. Cette situation est amplifiée cette année par la persistance de perturbations dans les transports qui fragilisent certaines stations d’expédition avec des sorties plus faibles que les années précédentes.
À l’export, le commerce européen est peu animé pour la pomme française. Seul le grand export maritime à destination des pays du Moyen-Orient et de l’Asie bénéficie d’une meilleure fluidité des ventes sur des lots de qualité en Pink-Lady, Granny et Gala. La Golden régionale ne profite pas pleinement de cette demande internationale, pourtant présente, en raison de petits calibres cette année.
Les cours de ce mois de décembre sont comparables ou légèrement supérieurs à la moyenne quinquennale.

En novembre, les dernières récoltes se terminent. La tendance d’une production de fruits de petits calibres, notamment en gala, se confirme.
La commercialisation reste difficile car la demande de pommes reste faible, les consommateurs s’orientant vers d’autres produits. Les ventes sont limitées, particulièrement en Golden, tant sur les marchés français qu’européens. Seul le débouché à destination du grand export maintient un rythme de vente soutenu et régulier avec une demande concentrée sur la Gala, la Granny et la Pink Lady.
Les prix restent bas par rapport à 2018 avec une baisse particulièrement marquée en Golden, mais néanmoins supérieurs à la moyenne quinquennale.

La production régionale est estimée à 343 500 tonnes soit en hausse de 1 % par rapport à 2018. Le rendement moyen est inférieur de 15 % à la moyenne quinquennale.

En octobre, malgré la diversité variétale, le commerce de la pomme est toujours lent, tant sur le marché intérieur que vers l’Europe. Les ventes se maintiennent grâce aux « foires aux pommes » programmées. La persistance des températures douces et les vacances scolaires freinent en effet la demande. Si la Golden bénéficie d’un courant de vente régulier, le marché est plus difficile pour les autres variétés, notamment celles sans label de qualité. Les cours moyens du mois sont inférieurs à la moyenne quinquennale sauf en Golden.
Les variétés sous label Agriculture Biologique résistent mieux. Mi-octobre la demande s’active pour la commercialisation de la Juliet, variété Bio recherchée pour ses qualités gustatives et de conservation.
Vers les destinations de grand export, le rythme de vente est toujours soutenu. Le grand export reste la destination privilégiée pour la Granny, la Gala, et pour les nouvelles variétés Bio, notamment vers l’Asie, le Moyen-Orient, l’Amérique du Sud.

Dans les parcelles, les récoltes se terminent. Globalement, l’état sanitaire des vergers reste bien maîtrisé malgré des cas de tavelure dus à l’humidité, notamment sur Pink Lady, et malgré une pression récente de pucerons.

La production a été réduite par le gel du printemps au moment de la floraison dans les vallées alpines. Un épisode de grêle fin juillet a en outre accentué la baisse du potentiel pour les parcelles non protégées par des filets. En Gala, les calibres sont restés de petites tailles et les volumes moins importants que prévus. La mouche méditerranéenne a aussi affecté la Golden et dans une moindre mesure les Braeburn, Chanteclerc et la Pink Lady dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Les fruits piqués et décolorés sont dirigés vers l’industrie, un débouché dont la part s’accroît cette année.

En septembre, la production se développe avec l’arrivée de la Golden et la Granny. Les ventes sont régulières mais peu intenses. La météo clémente n’incite pas à consommer des pommes. Les stocks de l’ancienne récolte, la concurrence des autres régions françaises, européennes ou de l’hémisphère Sud, ainsi que les fruits d’été encore présents, pèsent sur le marché intérieur et les cours notamment en Gala.
L’export maritime imprime un rythme plus soutenu. Les concurrences turques et italiennes limitent cependant nos débouchés vers le Moyen-Orient, l’Asie et l’Inde avec des écarts de prix importants.
Dans les vergers, la récolte se poursuit avec quelques jours de retard par rapport à la campagne 2018. Les plus beaux fruits en termes de calibres et de qualité sont dirigés vers les chambres sous atmosphère contrôlée pour une commercialisation plus tardive.

En août, les premiers lots de pommes précoces sont commercialisés autour du 20 du mois avec une à deux semaines de retard par rapport à une année normale. Les fortes températures du printemps et du début d’été ont retardé la maturité des fruits.
La campagne se profile avec une majorité de fruits à petits calibres et un problème de coloration sur les variétés bicolores qui semble se résorber avec la fraîcheur retrouvée des températures nocturnes.

Bien que tardive, la commercialisation débute dans un contexte de stocks mondiaux encore importants. Le retard de production pénalise le démarrage des ventes vers les débouchés habituels tels que l’Europe du Nord en Gala. Le marché est également concurrencé par l’hémisphère sud avec des prix très attractifs.
Le cours moyen de la Gala, qui constitue l’essentiel de l’offre du mois d’août, est très légèrement en deçà de la moyenne quinquennale (-4%).

En juillet, le grossissement des fruits est pénalisé par les températures élevées et le déficit pluviométrique. Les conditions météorologiques sont cependant favorables au maintien du bon état sanitaire des vergers.

Gala 2019

Golden 2019

Stock Pommes 2019


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