Contenu

Tomate - année 2020

Tomate : Consommation décevante

(mise à jour au 1er août 2020)

En juillet, les marchés de gros sont calmes et peu actifs. Seule la grande distribution soutient une activité régulière par des actions de mise en avant de la tomate grappe, bienvenues dans un contexte d’offre européenne abondante et d’achats réduits par la pleine production des jardins familiaux. Les tomates allongées (Roma) et rondes (67+), principalement produites sous abris hauts, souffrent d’un écoulement insuffisant et irrégulier, en particulier au cours de la 1ère quinzaine du mois. La demande n’est pas à la hauteur de l’offre non plus pour les variétés anciennes qui atteignent leur pic de production et quelques destructions sont observées.
Le bilan de juillet est donc mitigé pour les exploitations : si le cours moyen de la tomate grappe est comparable à la référence quinquennale, il est inférieur de 21 % pour la tomate ronde et de 39 % pour la tomate cœur de bœuf.

En juin, lors des 15 premiers jours du mois, les températures inférieures à la normale et les pluies freinent la consommation. Les cours se dégradent alors sur l’ensemble de la gamme.
Les productions de tomates allongées et rondes produites sous abris hauts progressent sensiblement et ont du mal à trouver leur place dans les rayons. Elles subissent de plus une concurrence des tomates belges sur le Nord de la France, vendues à cours bas. Le marché des tomates typées et côtelées, à l’image des tomates rondes, se sature et les cours chutent de plus d’un euro le kg entre le début et la fin de mois. La grappe est peut-être le produit le plus stable car sujet à de nombreuses mises en avant des grandes surfaces, qui permettent un écoulement régulier.
Les cours moyens du mois sont très hétérogènes : inférieurs à la moyenne quinquennale de 10 % en tomate grappe, et supérieurs de 15 % en cœur de bœuf. Très élevés en début de mois, ils n’ont cessé de chuter au fil des semaines.

À ce stade de la campagne, la tendance à la hausse de la production semble se confirmer avec plus de 160 000 tonnes de tomates, soit une hausse d’environ 2 % par rapport à 2019. Le rendement moyen est attendu en baisse de 11 % par rapport à la moyenne quinquennale.

En mai, l’offre nationale progresse rapidement, avec en particulier les bassins de l’Ouest de la France devenus largement majoritaires sur le marché.
Pour les producteurs régionaux, le circuit se scinde entre la conjoncture nationale, orientée par les producteurs de l’Ouest de la France et le marché régional ressenti comme plus dynamique et moins attentif aux prix. Cette situation est d’autant plus marquée cette année, avec une production régionale largement inférieure à celles des mois de mai des campagnes précédentes.

Les cours chutent sensiblement mais demeurent sur des niveaux de saison et sont encore rémunérateurs pour les producteurs. Seule la gamme des petits fruits pose des inquiétudes pendant quelques jours tant au niveau des prix que des flux de ventes, déclenchant une crise conjoncturelle sur quelques jours sur cette gamme, peu représentative dans la région.
On peut noter une demande des acheteurs qui se confirme sur les produits issus de cultures de pleine terre et négociés avec une sensible plus-value.
Les cours sont largement supérieurs à mai 2019 où le produit subissait une forte mévente. Ils sont pour cette campagne de 16 % au-dessus de la moyenne quinquennale pour la grappe et de 12 % en deçà pour l’allongée cœur de bœuf

En avril, l’offre régionale (hors-sol à cette saison) augmente lentement dans un contexte national où elle demeure inférieure à la demande sur une grande partie de la gamme. La grande distribution confirme son intérêt pour l’origine France en particulier sur le segment de la tomate grappe.
Sur les vingt premiers jours du mois, l’offre demeure inférieure à la demande, les cours sont fermes et atteignent des niveaux exceptionnels pour la période. A partir de la dernière décade, l’offre progresse sur l’ensemble des bassins français et la consommation se heurte à des prix au détail très élevés. Les cours baissent alors logiquement.
Le bilan pour les producteurs sur ce mois est très positif en termes de chiffres d’affaires, avec une moyenne du mois en grappe supérieure de près de 60 % à la moyenne quinquennale, et de 20% en allongée type cœur de bœuf.
Dans les parcelles, si un manque d’ensoleillement est observé pour les premières tomates sous-serres du début de campagne, les conditions météorologiques sont toutefois favorables à un bon état phytosanitaire. Les semis de tomates d’industrie sont en cours. Certains producteurs ont légèrement retardé ces travaux en raison des pluies de la mi-avril.

En mars, la production régionale, essentiellement hors sol, se développe très lentement dans un marché moyennement porteur en début de mois.
Les producteurs, dans l’incertitude au début de la crise du Covid-19 quant au devenir du marché, se rassurent dès la deuxième semaine avec le choix des grandes enseignes de privilégier l’origine française des tomates.
En milieu de mois, le réapprovisionnement des centrales d’achats est dynamique. Le produit privilégié est la ronde grappe, facile d’emploi et d’une bonne tenue commerciale pour des achats plus espacés dans le temps : elle semble idéale pour la situation de confinement. Les cours remontent assez vite. Le marché passe d’un contexte d’équilibre à une position de rupture de disponibilité qui soutient des cours élevés. Le cours moyen mensuel est 10 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
La gamme des tomates typées fait l’objet d’inquiétudes dès le début de la crise. En effet, à l’absence de débouchés sur les marché de gros s’ajoutent la nette diminution des points de vente locaux et la moindre conservation de ce produit. Ainsi, pendant une large décade, les prix sur les tomates typées baissent en dessous des moyennes saisonnières et leur écoulement devient lent. Toutefois, l’absence d’une réelle concurrence donne le temps aux producteurs de s’organiser. Cette gamme finit par trouver sa place sur les rayons et différents points de vente. Ce mois de crise et de désorganisation des marchés laisse cependant des traces : le cours moyen mensuel du type cœur de bœuf est 12 % inférieur à sa moyenne quinquennale.

À la mi-février, la nouvelle campagne de la tomate démarre dans le Sud-Est. La production des serres chauffées des cultures hors sol montent en puissance avec dix jours d’avance, notamment pour les variétés de tomates « petits fruits » et « typées » (tomates anciennes).

La demande est encore réduite et le beau temps sur la région accélère la maturation des fruits. Les producteurs de tomates d’hiver se retrouvent déjà avec des reports de stocks importants. Les prix se maintiennent cependant sur des niveaux de saison pour l’ensemble de la gamme. Le cours de la tomate grappe est supérieur de 15 % à sa moyenne des 4 dernières années. Le cours de la tomate « cœur de bœuf », variété peu stockable, est inférieur de 5 % à sa moyenne des 4 dernières années.

Tomate 2020




Voir les bilans agricoles annuels de la région PACA
Voir les études et bilans sur les légumes en région PACA
Voir le dernier bilan de campagne national sur la tomate