Salade 2019-2020

Salade : un marché export décevant mais un marché français équilibré

(mise à jour au 1er mai 2020)

En avril, l’activité d’expédition des salades du Sud-Est se maintient facilement sur le marché français, avec des cours de la Batavia qui se raffermissent. La production régionale perdure tout au long de la première quinzaine d’avril soit une quinzaine de jours au-delà d’une campagne classique. En effet, la grande distribution, par souci d’efficacité dans cette période de crise sanitaire, reste orientée plus longtemps sur cette offre régionale qui bénéficie d’une organisation logistique favorable. Le relais vers les autres régions se réalise, dans ce contexte, plus tardivement. Les cours sont 7 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
La conjoncture sur les marchés export est moins porteuse. Les productions locales des pays importateurs prennent le relais plus rapidement. Les cours sur les variétés destinées à l’exportation demeurent sur des niveaux planchers et certaines exploitations détruisent même des cultures sur champ. Le cours à l’export sont inférieurs de 24 % à la moyenne quinquennale.

En mars, la salade subit avec un moindre mal l’épisode de crise. Le manque de visibilité au début du confinement de la population n’obère pas les commandes régulières.
En France, après quelques incertitudes, la demande des principales enseignes se traduit par des commandes importantes et régulières. Les cours se maintiennent, voire se raffermissent. Ce n’est pas le cas pour les marchés traditionnels de grossistes où une réelle dichotomie s’installe : une partie des grossistes subit de plein fouet la disparition de la restauration hors domicile et des marchés forains, alors que d’autres opérateurs s’appuient sur la demande de la grande distribution très active dès le début du confinement.
Le marché à l’exportation se maintient sur un rythme saisonnier habituel jusqu’au 20 du mois, puis chute de près de 50 % avec des commandes souvent confirmées seulement au dernier moment. Les disponibilités des deux variétés phares que sont pour l’export la Lollo blonde et la Lollo rouge sont supérieures à cette demande. Des destructions sur champs et des ventes à faible cours sont alors pratiquées. Enfin, sur le secteur de la quatrième gamme, les usines tournent au ralenti.
La moyenne mensuelle de la Batavia blonde, cœur de marché pour la France, est à 0,50 €/pièce, proche de la moyenne quinquennale. La Lollo rossa, produit d’appel pour l’exportation, atteint 0,44 €/pièce, au mois de mars, soit un cours 15 % inférieur a la moyenne quinquennale.
La production régionale est estimée relativement stable (-1 %).

En février, la douceur exceptionnelle des températures accélère la maturité des salades d’une dizaine de jours. Les salades gagnent en précocité et des cultures qui n’étaient pas attendues avant le mois de mars arrivent à maturité dès l’avant-dernière semaine de février. Parallèlement, la demande sur le marché intérieur diminue en février (-17 %), après le pic saisonnier habituel de janvier.

À l’export, les ventes sont ralenties en début de mois : le grand salon professionnel de Berlin qui mobilise une partie des distributeurs, l’Épiphanie et le Carnaval en Allemagne perturbent un marché jusqu’à lors tout juste à l’équilibre.
Sur les trois premières semaines du mois, le Sud-Est garde sa position de principal fournisseur de l’Europe du Nord et de la Suisse. Durant la dernière semaine de février, la Suisse suspend ses importations et les productions italiennes jusqu’alors absentes reviennent sur le marché européen.
Le cours de la Lollo Rossa, produit d’appel pour l’export, baisse de 14 % par rapport à janvier et se situe 9 % en dessous de sa moyenne quinquennale.
Sur le marché intérieur français, les cours baissent graduellement, du fait de l’impossibilité de réguler l’offre.

Le cours de la Batavia blonde, cœur du marché de la salade tendre, baisse de 21% par rapport au mois de janvier. Il est inférieur de 15 % à sa moyenne quinquennale.

En janvier, le marché demeure à l’équilibre sur la première quinzaine du mois avec une pression modérée de l’offre. Le manque de luminosité bloque alors le développement des salades. L’écoulement est stable avec une demande de la grande distribution bien présente sur le marché français et des commandes pour l’exportation qui s’intensifient dès la deuxième semaine du mois. Les volumes de vente atteignent leur plus haut niveau de campagne entre le 6 et le 11 janvier. Même si les prix n’atteignent pas ceux de 2019 à période équivalente, les cours sont satisfaisants pour la saison pour une marchandise qui arrive à maturité sans écarts.

La marché se complexifie à partir du 20 janvier, avec une offre qui s’étoffe. La météo clémente et plus lumineuse accélère la maturation des salades et les producteurs veulent vider leurs serres pour préparer les plantations des cultures de printemps. En face, la demande s’essouffle un peu et devient plus attentive aux tarifs annoncés.

A l’export, les concurrences italiennes et belges montent en puissance. Le bilan du mois est cependant positif pour les exploitations concernées par les cultures de salades tendres. Les cours moyens sont supérieurs de 12 % à la moyenne quinquennale.

En décembre, la campagne de production de laitue d’hiver, débutée en novembre, est désormais bien installée.
Sur les marchés, la concurrence internationale est discrète, voire absente, et place la région comme le fournisseur incontournable des salades « tendres » en Europe. Dans ce contexte de demande, les cours sont rémunérateurs : ils excèdent de 30 % la moyenne quinquennale. Dans les parcelles, la météo maussade freine le développement de la production et favorise ainsi une arrivée progressive à maturité des salades. Cela permet de bien répondre à la hausse régulière de la demande. L’ensemble de la gamme bénéficie de cet équilibre de marché très favorable.
Les fortes pluies et inondations dans certains secteurs entraînent localement quelques pertes de production, avec un excès d’humidité défavorable d’un point de vue sanitaire (mildiou).

En novembre, la campagne régionale de la salade d’hiver démarre avec un retard de près de 15 jours par rapport à la campagne précédente. Les producteurs régionaux ont en effet retardé volontairement leurs plantations d’automne, et ce pour deux motifs. D’une part, les productions d’été sous abris sont prolongées le plus possible pour répondre à un marché de plus en plus favorable aux origines France des différents légumes encore produits sur cette période : courgette, tomate, poivron, aubergine.... D’autre part, le marché d’automne de la salade est compliqué depuis plusieurs campagnes avec une concurrence accrue entre les productions du périmètre européen.

La conjoncture de novembre est porteuse et engendre des niveaux de prix soutenus dès le début de mois. Les flux de ventes se développent très fortement vers la France et les pays européens à la mi-novembre. Les coupes prennent de l’avance sur le développement des cultures et accentuent l’aspect tendu du marché (offre tout juste suffisante pour honorer les commandes). Les cours des trois variétés de références sont supérieurs de 57 % à la moyenne quinquennale.

Dans la dernière décade d’octobre, les coupes de salades débutent avec deux à trois semaines de retard, les producteurs ayant décalé les plantations afin de mieux s’adapter au marché. On observe en effet depuis plusieurs années un excès d’offre en octobre lié aux températures clémentes persistantes sur la moitié nord de la France. La production de PACA dégage sa meilleure valorisation à partir de novembre, lorsque les autres bassins ont cessé de produire.

En septembre, la météo toujours ensoleillée, perturbe la production. En raison des températures, l’assolement dédié à la production de laitue a été réduit et les rotations des plantations décalées. La première rotation de laitue d’hiver est prévue entre fin octobre et mi-novembre, avec un décalage de l’ordre d’un mois par rapport à la normale.

Voir les bilans agricoles annuels de la région PACA
Voir les études et bilans sur les légumes en région PACA
Voir le dernier bilan de campagne national sur la salade d’hiver


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