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Tomate - année 2020

Tomate : la campagne est terminée

(mise à jour au 1er novembre 2020)

La campagne de commercialisation de la tomate se termine précocement dans les premiers jours d’octobre. La météo maussade et la faible demande ont précipité la fin de campagne.
Les surfaces et la production régionales de 2020 sont estimées respectivement en baisse de 4 % et 10 % par rapport à 2019. Les rendements sont inférieurs à la moyenne quinquennale de 28 % pour les tomates dédiées au marché de frais et de 3 % pour la tomate d’industrie.
Cette campagne s’est révélée très heurtée : les aléas météorologiques ont occasionné des à-coups de production tandis que la crise sanitaire rendait instable la demande. Des périodes de sur-offre saturant un marché peu demandeur et des périodes d’offre insuffisante se sont ainsi succédé.

En septembre, malgré une nette baisse des apports sous tunnel et hors-sol, le commerce est lent. La demande se montre particulièrement absente au cours de la 1ère quinzaine de septembre. De nombreux opérateurs décrivent un climat général d’incertitude lié à la crise sanitaire incitant les acheteurs à l’attentisme.
En milieu de mois, une météo favorable et quelques mises en avant dans la grande distribution dynamisent le marché et permettent de maintenir les cours sur l’ensemble de la gamme.
Les cours fléchissent ensuite graduellement au rythme des marchés de l’Ouest de la France, plus que jamais directeurs. Les volumes de ventes s’étiolent à nouveau et incitent les producteurs à terminer la campagne plus tôt cette année. Seules quelques plantations hors-sol d’hiver, principalement en grappe, persistent.
En septembre, les cours de la tomate grappe et de la tomate ronde sont inférieurs de 10 % à leur moyenne quinquennale.

En août, les rendements chutent, les plants sont épuisés après l’abondance de production en juillet. Ce mois d’août est aussi l’un des plus chauds depuis les premiers relevés météorologiques, générant un stress sur les plants. Les cours remontent alors sensiblement. La mi-août, période de forte consommation, marque l’apogée des hausses de cours.
La conjoncture s’inverse ensuite avec la hausse de l’offre des bassins de l’Ouest de la France. Les cours se détériorent rapidement et entrent en crise conjoncturelle fin août. Ce sont les productions sous tunnels froids qui sont le plus impactées. En effet, les tomates dites anciennes, produites sous ces serres, souffrent d’une dégradation de leur qualité.
Le mois d’août est finalement peu rémunérateur. Les cours de la tomate typée cœur de bœuf sont inférieurs de 14 % aux moyennes quinquennales, avec en outre une plus forte part de tomate de basse qualité. Les variétés anciennes n’ont pas réussi à tirer leur épingle du jeu cette année. La gamme des tomates rondes, avec une meilleure capacité à la conservation, résiste un peu mieux. Les cours se situent 8 % en dessous de la moyenne quinquennales pour la grappe.

A ce stade de la campagne, la production régionale est estimée en hausse de 3 % par rapport à 2019 (+ 4 % pour la tomate dédiée au marché de frais, 2 % pour la tomate d’industrie).
Les surfaces en variétés anciennes se développent toujours, gagnant à nouveau des parts dans l’assolement régional.

En juillet, les marchés de gros sont calmes et peu actifs. Seule la grande distribution soutient une activité régulière par des actions de mise en avant de la tomate grappe, bienvenues dans un contexte d’offre européenne abondante et d’achats réduits par la pleine production des jardins familiaux. Les tomates allongées (Roma) et rondes (67+), principalement produites sous abris hauts, souffrent d’un écoulement insuffisant et irrégulier, en particulier au cours de la 1ère quinzaine du mois. La demande n’est pas à la hauteur de l’offre non plus pour les variétés anciennes qui atteignent leur pic de production et quelques destructions sont observées.
Le bilan de juillet est donc mitigé pour les exploitations : si le cours moyen de la tomate grappe est comparable à la référence quinquennale, il est inférieur de 21 % pour la tomate ronde et de 39 % pour la tomate cœur de bœuf.

En juin, lors des 15 premiers jours du mois, les températures inférieures à la normale et les pluies freinent la consommation. Les cours se dégradent alors sur l’ensemble de la gamme.
Les productions de tomates allongées et rondes produites sous abris hauts progressent sensiblement et ont du mal à trouver leur place dans les rayons. Elles subissent de plus une concurrence des tomates belges sur le Nord de la France, vendues à cours bas. Le marché des tomates typées et côtelées, à l’image des tomates rondes, se sature et les cours chutent de plus d’un euro le kg entre le début et la fin de mois. La grappe est peut-être le produit le plus stable car sujet à de nombreuses mises en avant des grandes surfaces, qui permettent un écoulement régulier.
Les cours moyens du mois sont très hétérogènes : inférieurs à la moyenne quinquennale de 10 % en tomate grappe, et supérieurs de 15 % en cœur de bœuf. Très élevés en début de mois, ils n’ont cessé de chuter au fil des semaines.

En mai, l’offre nationale progresse rapidement, avec en particulier les bassins de l’Ouest de la France devenus largement majoritaires sur le marché.
Pour les producteurs régionaux, le circuit se scinde entre la conjoncture nationale, orientée par les producteurs de l’Ouest de la France et le marché régional ressenti comme plus dynamique et moins attentif aux prix. Cette situation est d’autant plus marquée cette année, avec une production régionale largement inférieure à celles des mois de mai des campagnes précédentes.

Les cours chutent sensiblement mais demeurent sur des niveaux de saison et sont encore rémunérateurs pour les producteurs. Seule la gamme des petits fruits pose des inquiétudes pendant quelques jours tant au niveau des prix que des flux de ventes, déclenchant une crise conjoncturelle sur quelques jours sur cette gamme, peu représentative dans la région.
On peut noter une demande des acheteurs qui se confirme sur les produits issus de cultures de pleine terre et négociés avec une sensible plus-value.
Les cours sont largement supérieurs à mai 2019 où le produit subissait une forte mévente. Ils sont pour cette campagne de 16 % au-dessus de la moyenne quinquennale pour la grappe et de 12 % en deçà pour l’allongée cœur de bœuf

En avril, l’offre régionale (hors-sol à cette saison) augmente lentement dans un contexte national où elle demeure inférieure à la demande sur une grande partie de la gamme. La grande distribution confirme son intérêt pour l’origine France en particulier sur le segment de la tomate grappe.
Sur les vingt premiers jours du mois, l’offre demeure inférieure à la demande, les cours sont fermes et atteignent des niveaux exceptionnels pour la période. A partir de la dernière décade, l’offre progresse sur l’ensemble des bassins français et la consommation se heurte à des prix au détail très élevés. Les cours baissent alors logiquement.
Le bilan pour les producteurs sur ce mois est très positif en termes de chiffres d’affaires, avec une moyenne du mois en grappe supérieure de près de 60 % à la moyenne quinquennale, et de 20% en allongée type cœur de bœuf.
Dans les parcelles, si un manque d’ensoleillement est observé pour les premières tomates sous-serres du début de campagne, les conditions météorologiques sont toutefois favorables à un bon état phytosanitaire. Les semis de tomates d’industrie sont en cours. Certains producteurs ont légèrement retardé ces travaux en raison des pluies de la mi-avril.

En mars, la production régionale, essentiellement hors sol, se développe très lentement dans un marché moyennement porteur en début de mois.
Les producteurs, dans l’incertitude au début de la crise du Covid-19 quant au devenir du marché, se rassurent dès la deuxième semaine avec le choix des grandes enseignes de privilégier l’origine française des tomates.
En milieu de mois, le réapprovisionnement des centrales d’achats est dynamique. Le produit privilégié est la ronde grappe, facile d’emploi et d’une bonne tenue commerciale pour des achats plus espacés dans le temps : elle semble idéale pour la situation de confinement. Les cours remontent assez vite. Le marché passe d’un contexte d’équilibre à une position de rupture de disponibilité qui soutient des cours élevés. Le cours moyen mensuel est 10 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
La gamme des tomates typées fait l’objet d’inquiétudes dès le début de la crise. En effet, à l’absence de débouchés sur les marché de gros s’ajoutent la nette diminution des points de vente locaux et la moindre conservation de ce produit. Ainsi, pendant une large décade, les prix sur les tomates typées baissent en dessous des moyennes saisonnières et leur écoulement devient lent. Toutefois, l’absence d’une réelle concurrence donne le temps aux producteurs de s’organiser. Cette gamme finit par trouver sa place sur les rayons et différents points de vente. Ce mois de crise et de désorganisation des marchés laisse cependant des traces : le cours moyen mensuel du type cœur de bœuf est 12 % inférieur à sa moyenne quinquennale.

À la mi-février, la nouvelle campagne de la tomate démarre dans le Sud-Est. La production des serres chauffées des cultures hors sol montent en puissance avec dix jours d’avance, notamment pour les variétés de tomates « petits fruits » et « typées » (tomates anciennes).

La demande est encore réduite et le beau temps sur la région accélère la maturation des fruits. Les producteurs de tomates d’hiver se retrouvent déjà avec des reports de stocks importants. Les prix se maintiennent cependant sur des niveaux de saison pour l’ensemble de la gamme. Le cours de la tomate grappe est supérieur de 15 % à sa moyenne des 4 dernières années. Le cours de la tomate « cœur de bœuf », variété peu stockable, est inférieur de 5 % à sa moyenne des 4 dernières années.

Tomate 2020




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